05.06.2009
Le co-branding a la cote
En ces temps de réduction des budgets promotionnels, quand on cherche à toucher la même cible, que l'on opère sur des marchés différents voire complémentaires, et que l'on se trouve des affinités de marque, n'est ce pas une bonne idée que de s'associer pour partager les coûts de campagne, tout en profitant de la puissance de chacune des marques en termes d'image, de valeurs et de pouvoir d'attraction ?
A l'instar du partenariat entre Christophe Willem / Sony et SFRmusic.fr pour le lancement du nouvel album du chanteur, évoqué sur ce blog, les initiatives se multiplient dans des domaines variés.
L'objectif initial de cet article était donc de faire une petite revue d'exemples récents. Mais, en allant regarder de près les partenariats que j'avais relevés, je me suis aperçue qu'il ne suffit pas d'allier deux belles marques pour faire un co-branding qui ait du sens : le contenu et la réalisation sont tout aussi fondamentaux et laissent pourtant parfois à désirer.
Pour promouvoir son produit Doriance Solaire, le laboratoire Pierre Fabre s'est ainsi associé à Aufeminin.com, pour mettre en place une campagne TV/web qui débute ce mois-ci.
Le film TV a pour mission de mettre en avant le produit, et de renvoyer vers un jeu-concours hébergé sur Aufeminin.com. En complément, le portail féminin abrite également un espace dédié à Doriance Solaire, et communique sur l'organisation d'un chat avec le Responsable marketing opérationnel de l'entité plantes et médecines chez Pierre Fabre, pour répondre aux questions des internautes sur la beauté au soleil.
Le 2 juin, je me rends sur Aufeminin.com pour voir le résultat on line du partenariat. Sur la home page, au premier coup d'œil, rien sur Doriance Solaire, mais une belle bannière Nivea Sun. En cherchant bien, j'aperçois dans le pavé « à la une », qui regroupe 4 titres de news, l'annonce du chat.
En fait, l'espace « à la une » est constitué d'images défilantes, chacune d'elle relative à l'article qu'elle promeut, de sorte que l'annonce du « chat Doriance » bénéficie d'une mise en valeur... 1 fois sur 4 (alors que la bannière Nivea Sun est présente en permanence)


Le 3 juin, il n'y a plus rien en home page pour Doriance Solaire.
Dans les pages beauté, rien d'évident non plus, il faut regarder les « news beauté », située en bas à droite de l'écran, pour voir l'annonce du chat. Et c'est en cliquant sur le lien qu'on arrive sur l'article consacré au chat, en bas duquel seulement il y a un autre petit lien proposant de découvrir l'univers Doriance, c'est-à-dire le fameux mini-site intégré.

J'imagine que ce partenariat a fait l'objet d'un e-mailing conséquent auprès des clientes Pierre Fabre et des abonnées Aufeminin.com, avec un lien direct vers le mini-site, mais c'est dommage qu'il n'offre pas plus de perspective de trafic via le site d'Aufeminin.com.
Pendant ce temps, à l'occasion du tournoi de Roland Garros, Lacoste et Yahoo ! se sont associés pour mieux s'affirmer comme marques référentes dans l'univers du tennis.
Pour ce faire, outre un beau communiqué de presse célébrant leurs vertus communes, les deux marques ont lancé un blog dédié aux internationaux de France intégré aux pages tennis de Yahoo ! Sport : « Les Crocodiles ».
Le concept : les joueurs Lacoste et autres amis du Crocodile racontent en exclusivité les coulisses du tournoi, pour « offrir un autre regard sur l'actualité du tennis » (dixit le billet de bienvenue).

Malheureusement, la réalisation du blog laisse à désirer : la publicité pour Lacoste est très présente (sur toute la colonne de droite), et le contenu très pauvre, surtout comparé à « Jeu décisif », le blog officiel de la page Yahoo ! Tennis : 17 articles versus 113 pour « Jeu décisif », avec un nombre de commentaires proportionnel.... Les auteurs ne sont pas identifiés, et pour le moment il n'y a pas de signature connue, contrairement à ce que la présentation du blog laissait à supposer.
A titre de comparaison, Peugeot, autre partenaire historique de Roland Garros, propose dans le Peugeot.fr un mini-site de contenu institutionnel sur son partenariat, et un deuxième site plus événementiel, Roadtorolandgarros.com, sur lequel sont postées fréquemment des interviews vidéo des joueurs et des personnalités du tournoi.
Néanmoins, le partenariat est déployé en France, Allemagne, Italie et Espagne, et sera poursuivi par des dispositifs similaires au moment de l'US Open aux Etats-Unis et des Masters de Londres.
En dehors de Yahoo ! , Lacoste promeut ce blog sur son site Lacoste.com.
08:47 Publié dans co-branding, séries limitées, Marketing opérationnel 2, Marques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : co-branding, lacoste, yahoo, doriance, aufeminin, peugeot |
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19.06.2008
Marketing mobile : ça bouge
Après le retour d’expérience d'Yves Rocher, sur l’utilisation du canal téléphone mobile pour soutenir le lancement d’une nouvelle gamme de maquillage destinée à une cible 16-25 ans, c’est au tour de Procter & Gamble de livrer ses premiers résultats en la matière au Journal du Net, pour le lancement du parfum Touch of Pink de Lacoste (également destiné à une cible jeune femme de 16-25 ans).
L’idée : le mobile est un outil qui permet d’établir une relation constante avec les clientes, en particulier sur le lieu de vente. De plus, avec le développement de l’internet mobile, il est désormais possible de créer des liens vers des sites dédiés pour renforcer cette interactivité, à l’identique de ce qui se fait aujourd’hui par e-mailing.
Mais les consommatrices sont elles favorables à recevoir des SMS publicitaires sur un support aussi privé que leur téléphone ? Quelle est la durée de vie d’un SMS promotionnel avant qu’il soit supprimé, s’il n’est pas « utilisé » ? Le SMS est-il un canal équivalent à l’e-mailing en termes de transformation et de viralité ?
Ces deux retours d’expérience nous en apprennent un peu plus.
L’objectif d’ Yves Rocher était de créer du trafic dans les points de vente de la marque en France.

(copyright : Ocito / Yves Rocher)
Dans un premier temps, chaque cliente a reçu, selon son téléphone, un SMS, un MMS ou un lien cliquable renvoyant vers le site internet mobile de l’opération, contenant une offre promotionnelle destinée à générer le trafic (un mini gloss offert pour tout achat d’un produit de la nouvelle gamme).
Dans un 2e temps, les clientes avaient la possibilité d’envoyer des SMS à leurs contacts depuis le site web.
Pour Procter & Gamble, l’objectif était de développer la notoriété du nouveau parfum, et de créer de l’interactivité avec les consommatrices.
Le mobile a été utilisé en complément d’une vaste campagne multi-canal, incluant les medias de masse traditionnels et un site Internet « fixe ». Le dispositif mobile consistait en du placement de bannières sur les grands sites mobiles féminins, et l’envoi de 10 000 SMS comportant un lien vers un site wap.

(copyright : Phonevalley / Procter & Gamble )
Le site mobile proposait notamment de recevoir un échantillon gratuit du parfum, de participer à un jeu-concours sous la forme d'un instant gagnant pour gagner un coffret Lacoste Touch of Pink, et d'envoyer un « message d'amour » par MMS.
Dans ces deux cas, le constat des marques est similaire : sur une cible jeune, le mobile est un excellent vecteur de communication : dans le cas de Procter, une étude menée post-campagne montre que 94% des destinataires du SMS sont favorables à ce genre de communication. Dans le cas d’Yves Rocher, on souligne aussi que les destinatrices se sont avérées êtres de bonnes ambassadrices, puisqu’environ 1000 d’entre elles ont transféré le message à leurs amies.
Le mobile inciterait également fortement à l’action, quand le message est assorti d’une promotion, et la possibilité de transférer ce « bon plan » à des amies permet aussi de démultiplier la transformation.
Illustration par une anecdote personnelle : Etam utilise de temps à autre le canal SMS pour proposer X% de réduction tel jour sur présentation du message. Je peux certifier à la Direction Marketing d'Etam que ce n’est pas seulement la destinataire du SMS qui se déplace sur le lieu de vente pour profiter de la promotion ...
Néanmoins, je pense que les marques qui veulent s’essayer au marketing mobile doivent, encore plus que pour l’e-mailing, être extrêmement pertinentes en ce qui concerne leur cible.
Entre les spams, les newsletters auxquelles on se ne rappelle même plus que l’on est abonné, les campagnes diverses de marques auxquelles on a donné son opt’in, et enfin les messages personnels, les messageries électroniques sont saturées. Mais on a fini par s’y habituer.
Par contre (et peut-être aussi un peu par conséquent), le téléphone mobile appartient, pour la majorité des gens, au domaine du privé. Des SMS publicitaires : oui, mais à condition qu’ils soient émis par des marques avec lesquelles on a tellement d’affinités qu’elles sont acceptées dans le cercle privé, et qu’ils contiennent un message suffisamment important / urgent pour justifier d’être envoyé par ce biais.
Un e-mail mal ciblé suscite, au pire, du désintérêt. Un SMS mal ciblé risque, à mon sens, de susciter un vrai rejet.
Les 15-25 ans semblent peut-être moins regardants à ce sujet, plus ouverts à la nouveauté et aux propositions d’essais. Mais prudence, car ils sont aussi plus radicaux dans leurs réactions, et très sélectifs en ce qui concerne les « bons plans » qui les concernent vraiment.
08:00 Publié dans Marketing mobile, Réflexions, humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : marketing mobile, 15-25 ans, interactivité, yves rocher, lacoste, etam |
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